IMG_2352Combien de fois ai-je rêvé d'être sur la grande Muraille de Chine?  Le rêve devient réalité!  Nous voici sur cet immense chef-d'oeuvre, construit pour se protéger des tribus barbares.  Nous prenons  un funiculaire suspendu dans le vide pendant plusieurs centaines de mètres.  Notre progression est lente et notre compartiment semble à peine toucher le cable ténu.  C'est avec soulagement que nous arrivons enfin sur la colline où après quelques minutes de marche nous serons sur la muraille.  Commencée cinq siècles avant notre ère, poussée activement par le premier empereur chinois Qin Shi Huangdi (221 – 207), elle fut achevée par les Ming entre le quinzième et seizième siècle.  Frontière au départ, elle devint par la suite une route pour le commerce.  Suivant les ondulations de la montagne, la muraille serpente à perte de vue dans la brume.  Alors qu'à Pékin, la foule se presse dans tous les sites dans un joyeux brouhaha, ici le calme règne.  A part notre guide et deux chinois qui essaient de nous vendre des livres, nous sommes seuls et nous pouvons apprécier la beauté du lieu.
Nous reprenons la route vers la capitale.  Le soir, nous nous installons dans une des couchettes du train qui nous emmènera à Luoyang.  En face de nous, un homme d'une cinquantaine d'années prépare son lit.  Les coussins et les murs sont recouverts d'un velours mauve brillant.  Rien à voir avec les trains de nuit en France et leurs couchettes dures, vieillies, couleur marron terne, d'où se dégage une odeur de tabac et de transpiration.  Ici, on se croirait dans un petit salon princier, l'étoffe est moelleuse, l'espace plus grand.  L'homme s'avère affable; il partage avec nous son en-cas, des tranches de viande sous plastique, nous donne des timbres et nous montre une photo de lui.  Il semblerait qu'il soit entraîneur de saut en longueur.  C'est ce que nous comprenons.  Il ne parle pas anglais et nous ne parlons pas chinois.  Son visage fermé peu à peu s'éclaire d'un sourire, puis de deux.  Cet homme qui avait l'air froid et réservé est jovial, expansif, gai.  Il prend du plaisir à essayer de communiquer avec nous.  C'est l'image que je garde des chinois.  Derrière une façade hermétique, se cache une générosité, une joie de vivre, une envie de partager, de s'ouvrir au monde.      Je veux croire qu'ils sont tous comme lui, simple, bon, discret, communicatif mais pas exubérant, ouvert mais pas familier.