IMG_4661_1Le samedi deux juin, nous sommes montés jusqu'au parking du Boréon.  Papa a garé la voiture et après un petit pique-nique, nous avons commencé notre randonnée sous une pluie fine. Au milieu du chemin, se trouvait un énorme arbre dans lequel nous nous sommes cachés. Plus loin, nous avons longé le torrent.  La montée douce au départ était de plus en plus raide. Nous avons croisé quelques randonneurs qui découragés par la pluie rebroussaient chemin. Vêtus de nos capes bleues, nous avançions gaiement et tranquillement comme de valeureux petits soldats bien déterminés à rejoindre le refuge de la Cougourde situé à deux mille cent mètres d'altitude. La pluie intermittente au début est devenue régulière mais il en fallait bien plus pour nous décourager.  Nous n'étions plus très loin du refuge: un panneau indiquait une demi-heure demarche pour l'atteindre. Il pleuvait toujours, l'eau dévalait en petits ruisseaux la pente. A cet endroit-là, la neige recouvrait la terre par endroit, et le sentier que nous avions suivi sans problème jusqu'alors a disparu. Nous marchions tantôt dans la neige tantôt dans la gadoue. Il était de plus en plus difficile d'avancer, nos chaussures s'enfonçant dans la terre détrempée. Elisa ne s'amusait plus à sauter dans les flaques d'eau ou à laisser ses empreintes dans la neige. Elle avait les pieds trempés comme moi et ne voulait plus avancer. Elle tremblait de froid et gémissait. A tour de rôle, papa et maman l'ont portée. J'avançais derrière eux péniblement. Ce qui était au début une balade bien agréable était maintenant une marche forcée difficile. Nous n'étions plus très loin du refuge mais il restait invisible. Nous ne savions pas quel chemin prendre. Les chamois peu farouches s'arrêtaient pour nous regarder passer, se demandant sans doute ce que nous faisions là par un temps pareil. Heureusement, derrière nous des randonneurs sont arrivés et nous les avons suivis jusqu'au refuge.  Ils ont même porté Elisa pour soulager papa et maman éreintés par trois bonnes heures de marche, le sac à dos pesant sur leurs épaules. Quand nous sommes arrivés au refuge, la neige tombait en flocons menus. Le sol était blanc à part aux endroits où les arbres perçaient la neige. Le gardien du refuge a allumé le poële autour duquel nous avons mis nos chaussures et nos vêtements  sécher. En tout nous étions douze. Le soir, les autres randonneurs ont rapproché les tables et nous avons tous mangé ensemble. Le repas était très bon: soupe, daube avec pâtes, fromage et compote de pommes. Vers vingt-deux heures, nous sommes allés nous coucher. Papa a allumé le poële dans notre dortoir et nous avons eu très chaud toute la nuit. Maman et Elisa ont dormi en bas et j'ai dormi en haut avec papa. Je crois que je me suis endormi tout de suite.
Le lendemain matin, tout était recouvert de neige. Après un petit-déjeuner, nous nous sommes préparés pour affronter la descente. Nous avons mis des plastiques dans nos chaussures pour éviter d' avoir les pieds trempés. La descente dans la neige a été plus facile: nous savions où aller. Au bout de cinq cent mètres la
neige a disparu. Il ne pleuvait pas. Les conditions étaient idéales pour redescendre. Plus nous descendions plus nous étions étonnés d'avoir parcouru un si long chemin et surtout d'être montés si haut. Maman et papa
étaient très fiers de nous. Nous avons croisé des promeneurs qui se sont émerveillés de notre exploit et qui félicitaient Elisa d'avoir marché si loin et si haut. Cela a été une expérience inoubliable! J'ai adoré dormir au refuge et dans un dortoir pour nous tous seuls! Il me tarde maintenant de partir camper! J'ai déjà repéré à Décathlon une lampe qui nous serait bien utile sous la tente ...