IMG_9012P1030082P1030091P1030093P1030094P1030109IMG_9019L'ascension du Kawa Ijen n'est pas facile car le chemin est pentu.  Il bruine.  Nous grimpons lentement mais sûrement.  Nous croisons des porteurs de soufre qui descendent d'un pas agile les paniers chargés de grosses pépites jaunes. 
Leur corps se dandine sous le poids du balancier.  Ils sont pieds nus ou en tongs.  Les jeunes ont l'air de souffrir plus que leurs aînés.  Au bout d'une heure et demi nous arrivons sur la crête du cratère.  Au fond on ne voit pas grand chose car le cratère est recouvert de fumée de soufre et de brouillard.  Nous avons cependant de la chance car l'écran de fumée disparait et nous apercevons au fond du cratère le lac turquoise.  Nous voyons aussi les porteurs de soufre remonter la pente raide chargés de blocs jaunes.  Tout en bas, le soufre remonte liquide à la surface et se refroidit au contact de l'air.  Les porteurs emportent le soufre solidifié jusqu'en bas du volcan où il est réchauffé, filtré, refroidi et coupé en fines plaques. 
Nous ne descendrons pas dans le cratère car c'est dangereux.  Outre l'odeur pestilentielle, il y a les vapeurs de soufre hautement nocives qui piquent les yeux et brûlent la gorge.  Les porteurs de soufre doivent se protéger des vapeurs de soufre qui arrivent sans prévenir et esquiver les nuages de souffre.  Pour limiter la brûlure de la gorge, ils mordent un chiffon mouillé.  Leurs conditions de travail sont infernales et leur salaire? 5 dollars par jour, c'est à dire au dessus du salaire moyen dans la région... mais à quel prix ! En moyenne ils font 4 aller-retours quotidiens entre l'intérieur du cratère et la base du volcan, avec des charges qui dépassent soixante-dix kilos ... Ils sont payés au kilo. 
Les masses transportées sont impressionnantes : on dépasse régulièrement les quatre-vingt kilos et le gars qui contrôle la pesée a déjà vu passer cent sept kilos ...  Une fois le chargement pesé, ils le redescendent dans un gigantesque hangar. C'est ici que le souffre est "traité": fondu au feu de bois dans de gigantesques marmites, puis solidifié en fines couches sur le carrelage, puis concassé avant d'en remplir de gros sacs.   Le même jour nous prenons le ferry pour Bali et nous nous installons dans une magnifique villa balinaise pour trois nuits au Taman Sari.