Le centre historique de Chalon a un certain charme avec ses façades à colombages et sa cathédrale Saint-Vincent édifiée du XIème au XVème siècle.  Moi qui aime les maisons à pans de bois, je suis gâtée!  

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En flânant dans les rues, on découvre de belles demeures médiévales et des maisons à double encorbellement.  C'est entre 1400 et 1530 que s'est développé l'encorbellement qu'on appelait 'gradins' à cette époque. 

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Les deux raisons principales pour l'encorbellement étaient le gain de place - dans les villes, l'espace était limité - et l'esthétique - l'encorbellement favorisait le développement d'ornements et de motifs décoratifs sculptés.  C'était un procédé de construction à la mode au Moyen-Age alors qu'à la Renaissance, on préféra la pierre au bois.  C'était aussi un dispositif de protection à l'eau de la façade.  Chaque étage qui avançait au-dessus de l'autre le protègeait du ruissellement.  Grâce à l'encorbellement, les propriétaires payaient moins d'impôts car l'impôt était calculé sur la surface au sol du bâtiment.  Les étages, qui avaient une surface au sol un peu plus grande présentaient quelques mètres carrés non taxés.  En Europe, l'encorbellement est typique de l'architecture médiévale en pan de bois et qualifie l'étage d'une bâtisse qui s'avance sur une rue ou sur une place, de sorte que le rez-de-chaussée a une surface inférieure à l'étage, qui lui-même a une surface moins grande que l'étage supérieur et ainsi de suite. 

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Si la structure et l'architecture d'une maison sont des marqueurs sociaux, sa position dans la ville, dans une rue plutôt qu'une autre, en est un autre.  A la fin du Moyen Age, les maisons sont implantées le long de la principale artère passante, donc commerçante, bordée d'échoppes et d'ateliers de marchands commerçants.  C'est ici que l'on trouvait les belles maisons bourgeoises et celles des gros marchands - souvent avec des façades et des encorbellements plus ou moins décorés et sculptés. La longueur de la façade ainsi que la situation dans l'espace urbain étaient des signes de notabilité: il fallait avoir une maison qui regarde vers la cathédrale ou l'église paroissiale, les halles, ou qui soit située à un des carrefours principaux, lieux de rencontres et d'échanges.  Dans les rues secondaires étaient implantées des maisons plus simples ou moins élaborées, celles de marchands commerçants ou de notables locaux.  A l'arrière des rues principales, se développaient des zones de taudis où logeaient les plus pauvres dans un labyrinthe de ruelles et de culs de sac.  Les rues médiévales étaient extrêmement sales, surtout les voies secondaires.  Elles étaient en forme de cuvette qui partait de chaque côté de la rue avec la partie centrale qui recueillait les eaux usées et les déchets, y compris le contenu des 'pots à pipi' que les maîtresses de maison vidaient par la fenêtre. Au centre coulaient ou bien stagnaient les "mares et les bouillons " que les gens de qualité évitaient soigneusement. Pour ce faire, ils marchaient près des murs, donc sur la partie surélevée de la voie, laissant les petites gens patauger dans le cloaque central, d'où l'expression "tenir le haut du pavé" qui signifie "avoir une situation sociale élevée".

Après notre déambulation dans la vieille ville, nous trouvons un très joli jardin où pique-niquer. Ce parc présente les végétaux par milieu d'origine et canards, oiseaux et lapins s'y promènent en toute liberté.  Nous y passons un agréable moment avant de retourner sur la place Saint-Vincent pour s'asseoir à la terrasse d'un café et y boire un chocolat chaud car aujourd'hui, le temps est maussade.

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