De Canet-en-Roussillon, la route jusqu'à Cadaquès est longue et sinueuse.  Situé dans la péninsule du Cap de Creus, ce joli village aux maisons blanches possède des édifices modernistes comme la maison Blaua (1913-1915) décorée de belles céramiques bleues.

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Nous avons longé le front de mer puis nous avons emprunté le chemin pour aller visiter la maison de Dali située dans la baie de Portlligat.  Dali, natif de Figueres, fréquentait Cadaques depuis son plus jeune âge. À Portlligat, il a créé une maison atelier à partir de petites maisons de pêcheurs, accolées les unes aux autres.  

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Pour la visiter, il faut réserver à l'avance.  Beaucoup arrivent et repartent déçus de ne pouvoir y rentrer.  Comme je suis prévoyante, j'avais acheté les billets sur leur site internet et nous avons pu y entrer.  Nous avons tous été enchantés par la visite aussi bien de l'intérieur que les jardins.  

Cette maison a été la seule résidence stable de Salvador Dalí ; c'est l'endroit où il a vécu et travaillé régulièrement jusqu'à la mort de Gala, en 1982, date à laquelle il s'est installé au Château de Púbol.

En 1930, séduit par le paysage, la lumière et l'isolement des lieux, Salvador Dalí s'était établi dans une petite maisonnette de pêcheurs de Portlligat.  Les modifications et agrandissements successifs ont donné forme à une structure labyrinthique qui, à partir d'un point d'origine, le Vestibule de l'ours, se disperse et ondule au gré d'une succession d'espaces reliés par d'étroits corridors, de petits dénivelés et des voies sans issue.

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La décoration, ainsi que les multiples objets et souvenirs ayant appartenu aux Dalí, rendent ces espaces particulièrement chaleureux : tapis, plâtre, fleurs séchées, revêtements de velours, meubles anciens, etc.

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Tous possèdent des ouvertures, aux formes et proportions différentes, encadrant le même paysage omniprésent dans l'œuvre de Dalí, la baie de Portlligat.

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À propos de sa résidence habituelle, Salvador Dalí affirmait : « Portlligat est le lieu des réalisations. C'est l'endroit parfait pour mon travail. Tout se ligue pour qu'il en soit ainsi : le temps s'écoule plus lentement et chaque heure a la dimension adéquate. Il y règne une tranquillité géologique : c'est un cas planétaire unique ».

En 1930, cherchant un logement à lui, Dalí s'installe à Portlligat dans la maisonnette de pêcheurs que lui vend Lídia Noguer. C'est en fait une cabane au plafond en mauvais état où les fils de Lídia rangent leurs outils de pêche. Pour acquérir la maison de Portlligat, Dalí utilise les 20 000 francs français que le vicomte de Noailles, son mécène, décide de lui avancer en échange d'une toile qui, finalement, sera La vieillesse de Guillaume Tell. Dalí raconte les aléas du voyage Paris-Portlligat dans son autobiographie, La vie secrète de Salvador Dalí, où il évoque également le projet de la maison : « Notre maisonnette devait se composer d'une pièce d'environ quatre mètres carrés censée servir de salle à manger, de chambre, d'atelier et de vestibule. On montait quelques marches et, sur un palier, s'ouvraient trois portes qui communiquaient avec une douche, un W.-C. et une cuisine où l'on pouvait à peine bouger. Je la voulais très petite - plus petite elle serait, plus intra-utérine elle semblerait ».

En 1932, Dalí répare la deuxième maisonnette qu'il a achetée quelques mois plus tard. Cette première cellule de la maison sert de vestibule, de salle à manger, de séjour, d'atelier et de chambre. Quelques marches conduisent à la cuisine, aux dimensions réduites, et à une petite salle de bains. En 1932, la résidence se compose des deux maisonnettes et d'une petite annexe correspondant à l'office actuel. Dans l'oliveraie, il construit deux rangées de petites colonnes cylindriques et des murets de briques pour consolider certaines terrasses.

En 1935, désireux d'agrandir la maison, les Dalí font appel au constructeur Emili Puignau qui, à compter de cette date, sera l'exécuteur des travaux. Ils le chargeront de construire les deux corps de bâtiment correspondant à l'atelier - actuelle Salle jaune - et à la chambre - aujourd'hui Salle des oiseaux -, qui sont achevés l'été de l'année suivante.

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Lorsque la guerre civile éclate, Dalí et Gala partent vivre aux États-Unis ; ils ne reviendront à Portlligat que fin 1948. Cette année-là, les Dalí achètent une nouvelle maisonnette, d'environ vingt-deux mètres carrés également, qui, en 1949, devient la Bibliothèque et le Séjour actuels ; ils acquièrent de plus un bout de terrain correspondant à une partie de l'oliveraie. 

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À partir de 1949, le logement grandit encore, en fonction des besoins de Dalí. Trois maisonnettes de plus viennent s'ajouter à l'ensemble. On bâtit le nouvel Atelier, l'actuel et définitif, qui est achevé au printemps 1950. En 1951, la cuisine étant pratiquement terminée, la Chambre est construite au-dessus de la Bibliothèque, puis, en 1952, c'est au tour des autres espaces de service d'être aménagés. En 1954, prend fin la construction du Pigeonnier et, l'année suivante, le couple achète la Maisonnette du cadran solaire, qui est conservée en l'état jusqu'à l'actuel réaménagement et sa reconversion en consigne de la Maison-musée.

L'été 1961 voit l'achèvement de la Salle ovale, pratiquement hémisphérique, basée sur un dessin que l'artiste avait fait en 1957 pour une salle des fêtes à Acapulco. En 1963, c'est au tour de la Salle à manger d'été d'être construite ; puis de la Piscine, conçue  en 1969 et terminée à l'été 1971, même si Dalí continuera d'y travailler et d'en modifier certains aspects par la suite. Ce lieu unique, qui devient le centre de la vie sociale des Dalí, connait son  époque faste  entre 1972 et 1974.

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La maison se compose de  trois types d'espaces. Les pièces où les Dalí passaient les moments les plus intimes de leur vie, l'Atelier où se trouvent rassemblés toutes sortes d'objets liés à l'activité artistique du peintre et les espaces extérieurs conçus plus spécifiquement pour la vie publique.

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Nous conseillons vivement cette visite même si les explications du guide sont succinctes et anecdotiques - elles ne concernent que les objets et les pièces de la maison.  On n'apprend rien sur sa peinture, sa vie privée ni quel genre d'homme il était.  D'ailleurs, ce n'est pas vraiment une visite guidée mais plutôt un accompagnement à travers la maison.  L'accès au jardin est libre et très agréable.  Je suis ressortie de là avec l'envie d'en savoir plus sur ce peintre hors-du-commun.

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